Revenue il y a quelques jours d'un voyage au Sri Lanka, je compte bien sûr faire quelques articles pour vous raconter cette belle découverte et partager mes tonnes de photos ! Mais j'ai eu envie de commencer par un post un peu particulier sur un sujet qui prend bien trop de place dans ma vie et m'empêche souvent d'aller de l'avant : mes peurs...

Pas aventurière pour 2 sous et multiphobique en matière d'insectes & cie (araignées, scolopendres, mille-pattes, cafards, gros scarabées... la liste est longue), j'avais un jour pris cette résolution idiote de ne jamais partir en voyage pour une des nombreuses destinations où l'on trouvait une forte présence de ces plus ou moins grosses bébêtes... Je me privais ainsi par avance de nombreuses merveilles, rationalisant cette décision par le fait qu'il me resterait déjà pas mal à faire avec l'Europe, les US et le Canada, et que de toute façon n'ayant pas beaucoup de moyens pour voyager, je serais obligée de faire des choix.
Et puis... on ne contrôle pas ce genre de choses, je suis tombée amoureuse il y a quelques mois d'un charmant Sri Lankais.
Et puis... en octobre, celui-ci devait se rendre là-bas après 3 ans sans y aller, et souhaitait que je vienne avec lui pour me présenter à sa famille et me faire découvrir le Sri Lanka.
Il y a des circonstances comme ça où on est bien obligé d'abandonner ses résolutions idiotes... J'ai donc pris une semaine de vacances afin de le rejoindre là-bas.

Mais alors que j'aurais du me réjouir de découvrir un nouveau pays, angoisser un peu à l'idée de rencontrer ses parents mais être contente en même temps, j'étais surtout extrêmement stressée à l'idée que ma phobie me gâche mon voyage.
J'avais peur de ne pas arriver à dormir, mes pensées bloquées en mode disque rayé sur ce qu'il pouvait bien avoir sur les murs de la chambre une fois celle-ci plongée dans le noir.
Je repensais à un incident qu'il m'avait raconté, où petit il s'était enfui en courant de la douche parce qu'un scolopendre était sorti par les canalisations.
J'avais peur de faire une crise de panique, j'avais peur de me rendre ridicule aux yeux de sa famille en réagissant de manière hystérique si je voyais la moindre petite créature.
Bref, j'obsédais sur ce truc totalement idiot au point d'en avoir quasi le ventre noué avant de prendre l'avion.

Et puis je suis arrivée là-bas. Et j'ai découvert un pays plein de paysages magnifiques, de vues à couper le souffle, de ciels dignes des plus beaux tableaux, j'ai fait connaissance avec une famille gentille et accueillante, je me suis régalée de plats savoureux et épicés, j'ai vécu une semaine géniale passée bien trop rapidement
ET, suprême ironie, j'ai rencontré bien moins d'araignées que dans mon appartement actuel, et n'ai à peu près rien vu qui puisse me faire peur.

Maintenant, je ne rêve plus que d'une chose : voyager. Partout. Tout voir. Régaler mes yeux de toutes les merveilles de notre monde... Et je me dis que j'étais bien bête de me limiter autant pour quelque chose d'aussi trivial.

DSCF8227Globe-trotter ^^ (© Iri W)

Là-bas, j'ai aussi eu à affronter une autre peur (oui, j'en ai beaucoup !) : ma peur du vide.
Nous sommes partis en amoureux visiter Sigiriya, un rocher haut de 370m, qui fut le site de la capitale royale du Sri Lanka au Ve siècle. Vu d'en bas, je trouvais celui-ci majestueux. A mi-hauteur, grimpant sur les marches de pierre naturelles, je commençais à apprécier la belle vue qui s'offrait à nos yeux et appréciais toujours autant la balade.
C'est alors que nous sommes arrivés au pied d'un escalier en métal en colimaçon, et que j'ai commencé à beaucoup moins apprécier... La montée était courte, elle m'a paru interminable. Cramponnée à la rambarde, j'étais quasi en larmes et extrêmement impatiente d'en avoir fini avec cette épreuve. Intense soulagement une fois cette partie terminée et l'arrivée dans une partie rocheuse à nouveau. Les jambes un peu flageolantes, j'ai pu y admirer quelques peintures médiévales particulièrement bien conservées, et me suis remise à respirer normalement. Mais nous étions encore loin du sommet ! L'étape suivante nous a amenés à une large terrasse naturelle entourée de murs, avec au centre d'énormes pattes de Lion taillées dans la roche, vestige de l'entrée de ce qui a du être un très imposant palais. Pendant que nous profitions pour quelques minutes d'une pause bien méritée, je commençais à jeter des coups d'oeil inquiets à l'escalier de métal à même la roche qui mène au sommet, me demandant si je serais capable de le gravir jusqu'en haut. Et c'est là que, mousson oblige, il s'est mis à pleuvoir. Une averse plutôt forte et accompagnée, parce que sinon c'était moins drôle, bien sûr, d'un vent à décorner les boeufs. A ce moment là, l'idée de monter au sommet ne me paraissait même plus possible. Vertige + marches glissantes + vent ? No way !!! Les minutes qui ont suivi sont un peu floues dans ma mémoire, mais je suppose qu'il a du me pousser un peu car je me suis retrouvée sur ces foutues marches, en larmes et en panique, une main crispée sur mon chapeau pour ne pas qu'il s'envole, l'autre sur la barrière, à répéter en boucle que je pouvais pas, mais dans l'impossibilité de redescendre car il était derrière moi, à essayer de dédramatiser et à me pousser à continuer.
Quand nous sommes finalement arrivés en haut, je n'étais pas au mieux de ma forme, c'est le moins que je puisse dire. Pourtant, il ne m'a fallu que quelques secondes pour tout oublier de ma panique en voyant ce qui s'offrait à mes yeux... Une vue à 360° sur des kilomètres, la beauté du ciel tourmenté, les paysages grandioses, c'était un instant magique... La pluie battante limitait malheureusement les possibilités photographiques, mais les images sont restées gravées dans ma tête.

Pour la deuxième fois en quelques jours je faisais face à cette leçon de vie : quand on affronte ses peurs, la récompense est si grande que ce qui semblait une montagne insurmontable au départ paraît ridicule après coup.
Mais j'ai beau le savoir, à chaque obstacle auquel je fais face au quotidien, j'ai bien souvent envie de faire demi tour à nouveau !
Alors merci à lui. Merci d'être là et de me pousser à dépasser mes peurs. Merci pour tous ces instants de bonheur vécus en les affrontant...

Et je ne peux que vous pousser vous aussi à aller découvrir ce superbe pays qu'est le Sri Lanka. En espérant que les articles suivants vous en convaincront !